2009-06-29 18:17:29
Ce libellé en forme de petite annonce trouble résume à mes yeux la relation qui s’est instaurée depuis quelque temps entre les joueurs des grands tournois et ceux qu’on appelle, d’ailleurs assez péjorativement, les ramasseurs de balles …
Avez-vous remarqué comme la nouvelle mode fait rage ? A peine le point terminé, le joueur désigne, d’un index impérieux, la serviette que tient le ramasseur. Muet, immobile et empressé, celui-ci remplit dorénavant une nouvelle mission : être, en plus d’un enfant de la balle, un porte-manteau pour amateurs transpirants de serviette-éponge !
Djokovic est le plus systématique dans cet exercice, et je crois que c’est lui qui a lancé le mouvement ou qui, du moins, l’a rendu populaire parmi ses pairs.
Mais il a fait école et cette manie s’est répandue en torrent. Aussitôt le point conclu, toc, on se tourne vers le ramasseur, on brandit le doigt comme la baguette du chef d’orchestre faite pour commander aux seconds violons de la fosse, et on réclame son dû - le trophée de tissu au logo du tournoi - pour souffler tout autant que pour éponger sa transpiration. (Parfois même on n’éponge rien du tout. L’essentiel est dans la gestuelle).
Or, rien ne trahit davantage le lien de subordination entre le ramasseur, zélé et droit comme un I, et un seigneur de la terre qui s’empare de la serviette-éponge avec autorité et parfois un soupçon de morgue, et la lui rejette avec dédain une fois qu’il a essuyé la sueur baignant son front ou risquant d’y perler.
Ce voile, cette pièce d’étoffe fashion n’est pas sans évoquer la muleta que l'on agite devant les cornes du taureau. Sauf qu’ici le taureau dicte toute la manœuvre et tient en respect les garçons et filles mués, au fond de l’arène, en porteurs de serviette disciplinés.
Je regrette que le « service un peu servile de la serviette » devienne de plus en plus partie intégrante de leur fonction.
Et je rêve qu’un jour, à l’heure d’une victoire majeure et après avoir serré les mains habituelles, celle de son adversaire et celle de l’arbitre, un grand champion entreprenne un tour complet de terrain pour en faire autant avec les chères têtes blondes.
Car celles-ci, loin de se contenter de ramasser les balles, se les distribuent et se les répartissent en un ballet bien réglé pour les offrir sans discontinuer aux joueurs comme autant d’offrandes dorées, vite avalées par les idoles de la raquette qui consomment en suant leur lot monstrueux de feutrine et de tissu-éponge.
Peut-être même que ce champion pourrait leur dire : « Les gars, vous avez été de la partie en me filant les munitions », ajoutant peut-être : « J’ai été des vôtres quand j’avais votre âge ». Comme McEnroe à l’US Open en 1972 ou le jeune Federer au tournoi de Bâle. A une époque où les joueurs n’avaient pas besoin de bras juvéniles pour s’éponger le front, se protéger du soleil pendant les changements de côté ou prélever des boissons dans le frigo.
Parlez en à un ami »
Si on compte la pause serviette, je demande 5 balles pour en choisir 2, je la fait rebondir 10 fois? on dépasse largement le temps imparti, d?autant que parfois c?est parfaitement volontaire? :(
spoonnie , 29/06/09 18:26
Je déteste aussi cette nouvelle mode complètement stupide. Comme tu dis, ça ralenti le jeu et cet effet de "joueurs chochottes" me saoule. Hier soir, j'ai regardé la finale de Wimbledon 80 entre McEnroe et Borg, la différente est flagrante sur la vitesse du jeu en général. Djokovic est sans doute un champion là dedans, Murray est pas mal non plus je trouve...
Geoffrey , 29/06/09 22:19
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Vrai. Cette manie systématique est exaspérante, elle frêne le jeu de façon anormale. Il fut une époque ou malgré le ridicule, on se parait de bandeau ou poigné éponge pour s?essuyer la sueur du front. Aujourd?hui, les joueurs ont tous leur bout de tissu derrière le court et pas un jeu sans une pause serviette? Au secours? !
LaurentVerrando , 29/06/09 18:22