14/04/11 19:07 | David Brunat
Respectivement battus par le Portugais Gil et le Britannique Murray, les deux derniers Français en lice quittent le tournoi sans gloire. Jeudi noir pour les tricolores avec l'élimination, elle aussi en deux sets, de Richard Gasquet
Et zou. Il n'y a plus aucun Français en lice dans la Principauté. Etonnant ? Pas vraiment. Gasquet sorti par Nadal, c'est logique. Simon dominé par Murray, rien d'extraordinaire. Monfils battu par Gil, qui n'avait jamais remporté un match face à un joueur du top 10, c'est moins normal.
Or, le numéro 1 français a été dominé par le 82e mondial, un joueur modeste sur terre battue et qui n'avait jamais atteint le stade des quarts de finale d'un masters 1 000.
En manque total d'inspiration, Gael a singulièrement manqué de tranchant sur le court. Certes, le premier set a été honorable, du moins sur le plan du score et d'un chrono à rallonge. Mais à l'issue de cette manche pas palpitante quand même, les affaires ont tourné au vinaigre.
Un jeu cotoneux, pas de variations, pas de rythme, pas d'imagination ... Résultat, Monfils a été progressivement "rincé" par son adversaire qui a pris le meilleur dans des échanges marathon qui ont laissé le Français sur les rotules.
A bout de souffle, le Parisien s'est effondré dans la seconde manche, où il a rapidement été mené 4-0. "C'est certain que je suis resté trop dans sa filière, défensive, mais je n'ai pas encore le peps et la confiance suffisante pour finir les points", a sobrement commenté le protégé de Roger Rasheed. Lucide.
Après les éliminations de Gasquet et Monfils, Gilles Simon restait la dernière chance française dans le tableau monégasque. Opposé à un Andy Murray en plein doute depuis sa finale perdue à l'Open d'Australie, il avait un coup à jouer.
Mais le Niçois a vite déchanté. La faute à un physique qui lâche. Un pied droit récalcitrant. Il s'est blessé sur une balle de premier set à 5-3. Rien n'indique que le sort du match eût été différent, mais tout de même frustrant ... Après avoir fait venir le soigneur, qui lui a bandé cheville et talon, il a poursuivi courageusement mais trop modestement pour inquiéter l'Ecossais, qui, profitant à loisir du handicap de son adversaire, a multiplié les amorties pour faire plier Gilles. Pas très élégant mais rudement efficace. Bien que Simon n'ait pas abandonné (ce qu'il avait dû faire à Miami face à Roger Federer en raison d'un problème aux cervicales).
" Je me fais mal deux fois en fait , explique Simon. A la fin du premier set, ma cheville tourne. Et au deuxième set, je refais un faux mouvement. Ça commence à faire beaucoup. Il y a déjà eu le torticolis à Miami, la cuisse à Casablanca, maintenant la cheville à Monte-Carlo. Cela s'enchaîne mal. Ça me met les boules, d'autant que ça donne des défaites dont je ne retiens rien."
Son vainqueur, peu fair play et copieusement sifflé par le public, n'a pas demandé son reste après le match. Refusant de s'exprimer au micro de Marc Maury sur le court central, il s'est contenté de sortir un arrogant : "Quoi que je dise, j'aurais tort", avant de s'éclipser. Il affrontera Frederico Gil en quart de finale. Deux tombeurs de Français.
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