12/08/10 14:45 | David Saraga
Après Baghdatis, c’est Fernando Verdasco, n°9 mondial, qui a flanché devant la fougue et la puissance du français. Un Jeremy Chardy encore irrégulier, mais impressionnant de détermination !
Le match était équilibré et spectaculaire. Entre un Fernando Verdasco accrocheur, et un Jeremy Chardy cogneur, le combat a été pendant un set d’une grande intensité. Logiquement, le tie-break devait alors départager les deux joueurs. Et à ce petit jeu, l’Espagnol, plus sûr de son fait, l’emportait de justesse en profitant de quelques erreurs du Français.
Après une telle bataille, Chardy baissait légèrement de niveau en début de seconde manche. Un contre coup fatal puisque Verdasco à l’affut breakait le jeune français d’entrée. Un break qui semblait emmener l’Espagnol droit à la victoire lorsqu’à 5-4 il servait pour le match.
Alors qu’on l’imaginait rentrer tranquillement à la maison, Chardy a soudain décidé de bousculer les esprits, et son adversaire. Dans un élan désespéré, le Français se mit alors à lâcher des coups que Verdasco retenait désormais. Suivait un debreak aussi sublime qu’inattendu, laissant l’Espagnol vert de rage et la foule euphorique. Un deuxième tie-break devait sceller le sort de ce match. Le Français, en pleine possession de ses moyens, propre au service et très précis en coup droit, ne laissait alors aucune chance à Verdasco et empochait la seconde manche 7-6. Chardy tenait son exploit...
Un coup de massue pour Verdasco, de plus en plus nerveux, qui en cassait la raquette sur sa chaussure ! La suite est presque anecdotique : Chardy continue à dominer, Verdasco s’énerve, appelle le kiné, grimace et lâche le dernier set 6-2. Chardy aura eu le mérite, dans cette dernière manche, de ne pas baisser de régime et de boucler proprement un match qu’il avait brillamment réussi à renverser.
Quand on le voit jouer ainsi, on ne peut s’empêcher de se dire qu’un tel joueur mérite mieux que sa place actuelle, qu’il a dans son coup droit une foudre à la Gonzales, et qu’avec quelques touches de techniques (notamment en revers coupé), un travail sérieux sur son jeu de jambe, et un peu plus d’adaptation par rapport à l’adversaire, la France tient un petit joyau qui ne demande qu’à étinceller.
Mais surtout, Jeremy Chardy a la possibilité de devenir un champion flamboyant par son style de jeu offensif, de plus en plus rare sur le circuit. La prise de risque inhérente à son jeu l’aura sans doute gêné aux entournures et empêché une progression fulgurante à la Gilles Simon. Toutefois, la maturité et la confiance venant avec l’âge et les victoires, on peut très bien imaginer une éclosion plus lente et plus tardive à la Soderling.
Le joueur Suédois renvoie d’ailleurs à Chardy une image pleine de leçons à tirer. Soderling, dont le jeu est étonnement proche de celui du français, a su dépasser les limites mentales et les faiblesses techniques qui entravaient sa progression pour devenir un des ogres du circuit. Il y a quelques années, on connaissait son potentiel, comme on reconnait aujourd’hui celui du français. Désormais le Suédois fait peur, il est sûr de son jeu, il se connaît parfaitement, et sait imposer son style sur toutes les surfaces.
L’exemple semble pertinent car sur le terrain Soderling est un miroir très peu déformant. En coup droit particulièrement la ressemblance est frappante : même préparation, même positionnement, même gifle. Il ne reste plus qu’au Français à parfaire les contours de son jeu en travaillant les points faibles, en fortifiant ses atouts, et finalement, en repoussant les limites qu’un joueur peut parfois se fixer.
Après avoir sorti deux cadors, le Français, 72ème mondial aura fort à faire avec une nouvelle tête de série, en la personne de Davydenko. Un défi à la hauteur du talent qui monte en puissance.
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