30/05/10 20:45 | David Brunat
Nouvelle victime à Roland : la raquette de Stanislas Wawrinka, sauvagement assassinée par le Lausannois au nom de prince polonais lors de sa rencontre contre son compatriote Federer, ancien briseur de raquettes repenti …
Avez-vous vu la façon dont Wawrinka a réduit en poussière sa malheureuse raquette à la fin du deuxième set, perdu de justesse au tie-break après avoir tenu la dragée haute à Roger ?
Un grand moment de tennis - frappé à plat.
L’Helvète a violemment frappé sa raquette contre le sol à trois reprises. Méthodiquement. Paf ! Paf ! Paf ! Un vrai régal.
Après sa défaite, il est sorti du central avec sa victime à la main, qu’il n’a même pas pris la peine de cacher dans son thermo-bag. Une bravade ? Inconscience ? Le cadavre exhibé aux yeux de tous. Un crime nullement parfait, mais tellement marrant vu des tribunes. Requiem pour la Head de Stan …
C’est bien sûr parce que cela commençait à tourner vilain pour lui et qu’il avait gâché de belles occases de recoller au score qu’il s’en est pris à son matos.
Mais généralement, anéantir son instrument à corde est le signe avant-coureur de la défaite assurée. Comme Gael Monfils dans son match contre Fognini, lorsqu’il pulvérisa sa Prince au début du cinquième set. Ou comme Roger Federer lui-même au Masters 1000 de Miami en 2009, lors de son match perdu contre Novak Djokovic (la tronche de sa Wilson après son explosion de colère …).
Souvent les petites sœurs de la raquette envoyée au paradis se vengent sur le criminel, qui finit dans les cordes et perd la partie. Justice. On parle bien d’une tête de raquette. C’est qu’elle doit avoir une âme. Faut pas trop la brutaliser, hein. Sinon on risque de le payer cher. Youzhny en sait quelque chose, lui qui s’est fendu le crâne avec une raquette, façon Jack Nicholson dans Shining.
L’attitude du joueur de tennis face à son équipement est très variable. Le Russe Marat Safin, avec un total de 600 raquettes brisées au cours de sa carrière, est sans doute le champion absolu de la discipline (loin devant John McEnroe ou Goran Ivanisevic, pourtant redoutables compétiteurs).
D’autres ont réfréné au fil du temps leurs ardeurs destructives, tels un Bjorn Borg ou un Roger Federer, anciens tortionnaires de raquettes repentis.
D’autres enfin ont toujours manifesté un respect absolu pour l’arme de leurs exploits. Le seigneur de cette confrérie est incontestablement Rafael Nadal. Question de tempérament ? Pas seulement. Toni Nadal explique : « Vous n’avez jamais vu Rafa jeter ou casser une raquette parce que je lui ai dit très tôt que s’il faisait ça, j’arrêterais de l’entraîner. Je lui ai dit qu’il y avait des enfants dans le monde qui n’avaient pas assez d’argent pour s’acheter une raquette ».
Il semble que l’élève ait retenu la leçon. Et même s’il arbore une montre à 525 000 euros, il respecte sa raquette, qui en vaut deux mille fois moins, comme s’il s’agissait d’un Stradivarius. Accord parfait.
Un musée de la raquette cassée, vite ! Avec plein de trophées, de vidéos des moments où elle passe de vie à trépas, de produits dérivés, etc, etc.
Ps : Nombre de ces séquences mythiques sont visibles sur Youtube ou Dailymotion. Avis aux amateurs.
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