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  • Une journée à Roland...

    21/05/10 21:28 | David Saraga
    Une journée à Roland... Le soleil de retour sur la capitale, les journalistes de TennisTalk en ont profité pour se réunir (chose rare) et partager une journée de pur tennis/plaisir dans les allées du village de Roland Garros…

    9h30 - Arrivée par la petite porte (près du Suzanne Lenglen).

    A l'accueil "qualification" (oui c'est comme ça qu'elle s'appelle), une charmante hôtesse nous invite à retirer nos places, avec le sourire rafraichissant du début de matinée. Pas le temps de se retourner, que déjà, sur notre droite, cours n°13, qui voit-on à l'entraînement ? Serena Williams ! Bien matinale la diva américaine qui, contrairement aux habitudes du lieu, a demandé un périmètre de sécurité autour de son cours pendant son heure de chauffe. Pas de photo. Pas d'autographe. Pas de sourire évidemment.... Il en faut plus pour refroidir la bonne humeur de nos journalistes, tout heureux de retrouver (ou de découvrir) les travées du complexe de la Porte d'Auteuil.

    10h30 - Premier match, première déception

    Accroché à l'entrée du court Suzanne Lenglen, le tableau de ce troisième tour de qualifications nous propose quelques affiches alléchantes. Pour bien commencer la journée, nous décidons dans une chauvine unanimité d'aller soutenir Adrian Mannarino. Et quel soutien ! Il a suffit à l'équipe de mettre un pied dans les tribunes pour voir le match basculer... du mauvais côté. Tandis que le jeune français tenait le premier set avec un break d'avance, son adversaire indien, Devvarman, s'est mis tout à coup à rentrer toutes ses balles. Et face à une si belle régularité, le jeu de fond de court approximatif du français n'a pas fait le poids. Sans imagination, frustré et nerveux (au point d'en casser deux raquettes), Mannarino laissait alors le match lui échapper. Un match plié en deux sets : 6-4 6-1. A la fin de ce premier match, une question ronge tous les journalistes attristés : TennisTalk porterait-il la poisse aux français ?

    11h30 - La classe à l'italienne

    Déçus, mais encore avide de spectacle, nous courrons sans plus tarder vers les tribunes du court voisin pour ne pas louper la fin du match Bolleli vs. Ilhan. Là encore, à notre arrivée, le sort semble scellé. Bolleli est en très mauvaise posture face au talentueux turc, qui mène alors 7-5 5-4. C'est même à une balle de match que nous allons assister. Au pied du mur, l'italien, impassible et (presque) serein, lâche totalement ses coups. Offensif, prenant tous les risques, il sauve une première balle de match et s'offre dans la foulée une balle de debreak. Convertie. Puis il emporte son service. Revenu à son meilleur niveau, il break dans la foulée : 7-5 dans la seconde manche après plus de deux heures de jeu ! Ilhan regarde son clan (assis à nos côtés) désespéré. Il peut s'en vouloir. Le vent a tourné et le fabuleux revers de Bolleli va faire des ravages dans la troisième manche, emportée 6-3 par l'italien. Un match particulièrement agréable entre deux joueurs puissants et précis. Peu de fautes et une attitude digne des deux côtés. Après une telle rencontre, un serrage de main s'impose : chapeau Bolleli !

    12h30 - Le déjeuner de toutes les

    Réchauffés (voire cramés) par le soleil de plomb, il est temps de prendre une pause. Sandwichs et bouteilles d'eau (oui oui !) à la main, pas question de perdre une seconde. Nous passons donc au peigne fin chacun des courts annexes, à l'affut du moindre Top 20 (bon ok, on prend aussi les Top 30...). Rien ne doit nous échapper ! Surtout pas ce match d'entraînement de Stéphane Robert et Guillaume Ruffin. Encore moins celui du superbe Ernests Gulbis face à Dimitri (le Revenant) Tursunov sur le court d'en face. Ni même Xavier Malisse en promenade avec son amie, qui n'échappera pas à quelques questions malicieuses (ah ! ah !) dans un français qu'il ne comprend apparemment pas si bien. Seul Robin Soderling, entouré d'un staff aussi nombreux que massif, échappera à notre voracité.

    C'est dans ce tourbillon de balles jaunes que l'image du jour est apparue comme une évidence. Non, il ne s'agit pas de Federer. Ni de Nadal. Mais de Taylor Dent ! Oui ! Dans le tumulte des staffs et des matchs, un être seul est apparu sur le cours n°12. Délaissé par la foule, un géant américain, dépenaillé et boudeur, portant seul son petit carton de balles (oui, j'ai bien dit un carton), s'est mis à servir d'un côté, puis de l'autre, etc... Un loup solitaire. Une image aussi belle qu'étrange.

    14h30 - Une belle "Paire" d'amorties

    Désaltérés et rassasiés de beautés en tout genre (je parle bien sûr de beaux gestes...), c'est en goguette que nous reprenons le chemin des matchs pour soutenir un nouveau frenchy, Benoît Paire.

    Roland Garros c'est aussi des révélations. Des français qui "claquent des perf". On se souvient évidemment de Jocelyn Ouanna l'année dernière. Et si cette année, Benoît Paire (214e à l'ATP) sortait du tournoi par la grande porte. C'est sur cette pensée que nous entrons sur le court pour assister à son match face à l'Allemand Kindlman, bien mieux classé que lui (164e). Et le moins que l'on puisse dire c'est que nous n'avons pas été déçu du voyage. Deux sets rondement menés (6-1 6-3) et une belle ovation pour ce nouveau venu qui maîtrise à la perfection l'art de l'amortie. A notre plus grande surprise (et plus grande joie) ce jeune français a enchaîné les amorties parfaites jusqu'à en dégouter son adversaire, devant un public hilare et conquis. Mais si Paire ne semble encore très performant du fond du court (en particulier sur son coup droit), il possède Dans son armada un coup ahurissant : le service. Un geste étonnant de fluidité et d'efficacité. Pas de feuille de stats évidemment, mais le français a planté au bas mot une bonne quinzaine d'aces en deux petits sets... A suivre.

    (Au passage, on est rassuré. L'équipe ne porte pas malheur aux français ! Ouf !)

    16h30 - Monfils en toute décontraction

    Après tant d'émotions (et quelques autres que j'oublie), il est temps de se séparer.

    Enfin presque ! Sur le chemin du retour, en descendant l'escalier centrale vers le Philippe Chatrier, un attroupement inhabituel derrière les grilles du courts n°7 nous parait suspect. Qui se cache derrière cette foule heureuse ? En s'approchant, je découvre, courant et transpirant, le musculeux Roger Rasheed. C'est donc Gael Monfils que nous découvrons en pleine séance d'entraînement. A la fois blagueur et sérieux, le français nous offre alors un demi-heure de folie, lâchant des coups droit surpuissant face à un Roger Rasheed éblouissant de vivacité (un vrai joueur du Top 100). Enchaînant les exercices de passing, de montée à la volée, de placements, c'est un vrai régal que la Monf a offert à tous les spectateurs, visiblement heureux de finir leur journée ainsi.

    17h30 - Entre la fin et le début

    Plein d'images en tête (et de photos en poche) nous nous séparons donc finalement sur cette belle conclusion.

    Une chose est sûre, les qualifications ont cette douce saveur du calme avant la tempête. Les allées aérées, la foule éparpillée, les visages tranquilles des joueurs à l'entraînement, les stars qui se cachent encore. Mais derrière cette apparence, on perçoit le bruit des trompettes qui grondent au loin et le tressaillement de l'histoire du tennis qui va bientôt s'écrire. En coulisse, les équipes de télévision se pressent pour installer le matériel. Des dizaines de camions sont garés en file indienne à la sortie du village. Tout le monde se prépare. Le rideau va bientôt se lever.

    Voilà les dernières pensées empreinte de lyrisme qui m'envahissent en longeant, comme ce matin, l'avenue de la Porte d'Auteuil dans l'autre sens.

    La journée et les qualifications se terminent. Le spectacle peut commencer.


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Commentaires

On s'y croirait ! Bravo pour ce reportage très vivant.
Pas beaucoup de joueuses dans votre article en dehors de la diva Williams ...
;-)

MissTennis , 22/05/10 12:44


Bonne remarque... mais n'y voyez surtout aucune misogynie de notre part.

Nous sommes simplement moins connaisseurs du tableau féminin, et les match des qualifications de la journée ne nous ont tout simplement pas alléchés... Quant aux entraînements, nous avons pris beaucoup de plaisir à voir Patty Schnyder ou Jelena Jancovic taper dans la balle, face à des sparing partners hommes... Impressionant !

DavidS , 22/05/10 15:46


Super article David!!! En lisant ces lignes, les images me revenaient!! Excellente et oui, je ne me suis pas encore remis des coups droits de la Monf!! vivement le prochain tennistalk meeting ;)

Geoffrey , 23/05/10 18:31



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