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  • Nadal au sommet de son art

    20/04/10 12:17 | David Saraga
    Nadal au sommet de son art La performance de Nadal, vainqueur de son 16ème Master Series à Monte-Carlo, est exceptionnelle. Après onze mois de disette, « le volcan » de Manacor s’est réveillé.

    Sur la terre-battue , Nadal n’est plus le même homme. En une semaine, l'Espagnol a gagné bien plus qu'un trophée. Et même si le Majorquin avait montré des signes positifs lors de la tournée américaine, il était difficile d’imaginer le scénario de Monte Carlo.

    Rappelons les faits : une série de victoires écrasantes à chaque tour, des adversaires relégués au statut de faire-valoir, 1h25 en moyenne sur le court, un total ahurissant de 14 jeux perdus (un record personnel), et, au final, un sixième titre consécutif dans la principauté, fait unique dans l’ère open (depuis 1968). Les chiffres parlent d’eux même. Cette semaine, la foudre a frappé le Rocher.

    Les larmes de Nadal, si rares, prouvent s’il en était besoin le soulagement du joueur. L’attente fut longue et les nerfs du gladiateur étaient plus émoussés qu’on ne l’imaginait. Malgré cette tension, le joueur, de retour sur sa chère terre-battue, a su retrouver toutes ses sensations.

    Son coup droit tout d’abord, précis et surpuissant, qui a fait valser ses adversaires avec une régularité impressionnante. Un geste retrouvé qui envoie à nouveau de terrifiants boulets tourbillonnants et incontrôlables, lui assurant une emprise sur le jeu n’importe quel joueur. Son jeu de jambes ensuite, affuté comme à la belle époque, qui nous a encore valu des rallyes haletants et ces fameux passings en bout de course totalement impensables. Enfin, son agressivité libérée illustre ce regain de confiance que lui procure le retour dans son milieu naturel.

    Les noeuds qui empêchaient le joueur de joueur son meilleur tennis ont disparu. Il le dit lui-même, Nadal joue un cran au-dessus par rapport à 2009 : «L’année dernière, je jouais mal mais je gagnais. Cette année, c’est totalement différent. Mon niveau est supérieur et je gagne plus facilement mes matchs ».

    Ses déclarations, sans prétention, font froid dans le dos. Quand on sait que Nadal a dominé outrageusement la tournée de terre-battue depuis cinq ans, on a du mal à imaginer ce que peut donner un Nadal encore plus fort. Nadal faisait peur, il fait maintenant trembler.

    Aujourd'hui, on est loin des déclarations confiantes d'un Novak Djokovic qui voyait dans la mauvaise passe de Nadal un espoir pour la tournée sur terre : « Nadal n’est pas invincible. Son niveau de jeu est un peu en-dessous et les joueurs pensent désormais avoir une chance de la battre » …

    Le joueur a remis les pendules à l’heure et électrisé le monde du tennis. Les joueurs, les commentateurs, les entraineurs n’ont pu qu’admirer le Maître des lieux, à l’image de Fernando Verdasco, son rival en finale de Monte-Carlo, écrasé par la vague et qui n’a pu emporter qu’un seul jeu en finale d'un Masters 1000 (6-0 6-1) !

    Evidemment, les journalistes s’en donnent à cœur joie pour caractériser l’exploit : selon Christophe Thoreau, le déménageur à « fait le ménage » et ses adversaires ont tous été « éparpillés façon puzzle aux quatres coins du Rocher ». Eurosport, surfant sur l’actualité, suggère le réveille du « volcan » Nadal. L'Equipe fait de Nadal le Prince de la terre à Monaco, tandis que pour le Monde, la principauté a désormais un « roi ».

    Les superlatifs manquent pour qualifier l’impressionnante domination de l’Ibère. Une nouvelle ère Nadal semble désormais possible. Federer et les autres sont prévenus : le Nadal de 2010 n’a jamais été aussi fort, et ça risque de faire mal…




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Commentaires

Oui, Nadal au sommet de son art et cela fait vraiment plaisir d'espérer revivre un duel Federer/Nadal dans les semaines/mois à venir. Ca manque quand même non ?

Quelque part, c'est bien qu'il se soit reposé cette semaine pour Barcelone. Il ne veut pas recommencer les mêmes erreurs qu'auparavant et c'est bien joué de sa part.

Je pense qu'il gagnera ROME la semaine prochaine.

A voir comme Federer va se comporter sur terre ... Cette saison sur la surface ocre s'annonce excellente !!

Wills , 20/04/10 17:24


Les superlatifs des médias n'ont d'égal que les sautes d'humeur et les cycles d'amour/désamour de cette dernière. Les mêmes qui encensent aujourd'hui Nadal le disaient perdus ou à tout le moins en déclin inexorable il y a quelques mois. Aucune juste mesure, toujours (ou presque) de l'outrance dans l'éloge ou la critique.

Pareil pour Federer, qui a remis les pendules à l'heure lors de l'Open d'Australie. "You are a disaster", avait énoncé en son temps Boris Eltsine (soit dit en passant, un vrai amateur de tennis qui a beaucoup fait pour la promo de la balle jaune en Russie) lors d'une conférence de presse fameuse aux côtés d'un Bill Clinton hilare.

Amusant de voir que ces immenses champions enterrés trop vite par certains "experts" ont sorti le meilleur tennis de leur vie (Fed en Australie et Rafa à Monte-Carlo) dans cette période de rémission, de deuxième souffle qui semble tout emporter sur son passage, à commencer par les avis d'enterrement sportifs qui avaient été émis en leur temps ...

Puisque tu parles de Christophe Thoreau, qui est d'ailleurs un excellent chroniqueur, lui au moins a eu l'honnêteté intellectuelle de reconnaître sur son blog qu'il s'était trompé au sujet de Federer lorsqu'il avait prédit sa chute.

davidbrunat , 20/04/10 18:30


Tout-à-fait d'accord avec toi. Les journalistes (pour la plupart) écrivent naturellement en superlatifs, avec les erreurs inévitables que cela entraîne.

En même temps, Federer et Nadal sont les deux seuls joueurs du circuit qui, par leurs exploits hors normes, véhiculent des sentiments exacerbés, démesurés, chez chacun d'entres nous. Les moments de joie extrême laissent donc place rapidement à un véritable désespoir lorsque les choses ne vont plus dans le bon sens.

Mais comme un joueur apprend à se connaître et à relativiser ses baisse de régime pour mieux rebondir, les observateurs et les journalistes doivent apprendre à relativiser et à être patient.

Ce que je reprocherais seulement c'est la critique trop vive et le manque de lucidité des commentateurs en période de moins bien. Comme si monter très haut impliquait nécessairement de dévaler la pente des montagnes russe à grande vitesse.

Les "errements" de ces deux joueurs sont des périodes de moins bien totalement naturelles. Le retour au premier plan des deux héros du tennis vient remettre en cause les excès littéraires et apparaissent comme d'excellentes leçons a tirer pour tous les observateurs.

Et effectivement, Christophe Thoreau a sans doute su en tirer une bonne leçon.

DavidS , 20/04/10 20:05



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