Aide

loading...

Article

  • Indian Wells – Exception ou Révolution ?

    21/03/10 16:48 | David Saraga
    Indian Wells – Exception ou Révolution ? Le premier Masters 1000 de l’année vient chambouler l’ordre établi du tennis mondial. Plus qu’il n’y paraît, la finale inédite que nous offre le tournoi américain tranche avec la monotonie des années précédentes...


    Cette finale entre le n°8 (Andy Roddick) et le n°26 (Yvan Ljubicic), personne ne l'avait prévue. Depuis les huitièmes de finale, à chaque match, les parieurs, journalistes, et experts du monde entier se sont trompés dans les grandes largeurs. Moi, le premier...

    L’enchaînement improbable des surprises qui nous a mené à cette finale inédite était bien difficile à anticiper. Petit retour sur les faits.

    Tout a commencé avec la déroute de Marin Cilic contre l’espagnol Garcia Lopez, en deux sets et une roue de bicyclette. Puis vint celle de Roger Federer, brillant vainqueur de l’Open d’Australie, qui s’inclina face à Marcos Baghdatis après avoir eu trois balles de matchs. Il y eut ensuite Novak Djokovic, fragile au service et en coup droit, irrégulier mais combatif, battu dans un match sans suspense par le futur finaliste du tournoi, Ivan Ljubicic. Ce fut enfin au tour d’Andy Murray, puis de Rafael Nadal de tomber avec plus ou moins de mérite, sous les coups de boutoirs de joueurs moins bien classés.

    A l'issu de ces semaines étonnantes une question s'impose : avec l’effondrement successif de ses quatre piliers, le circuit ATP est-il en train de vaciller ? Le tennis masculin a-t-il connu à Indian Wells une petite révolution ?

    Pour comprendre l’ampleur de la surprise, il faut remonter quelques années en arrière. Depuis le tournoi de Paris Bercy 2008, toutes les finales de Masters 1000 sans exception avaient compté un joueur au moins du Top 4 (Federer, Nadal, Djokovic ou Murray). Si l’on élimine des comptes le tournoi parisien, qui avait vu l’abandon précoce de Nadal et Federer, on peut remonter de la sorte jusqu’en début d'année 2007.

    Cette régularité inédite au plus haut niveau a créé depuis cinq ans un monopole de fait sur les tournois majeurs. Même si quelques invités sont parfois parvenus à s'imposer en finale (Davydenko, Roddick, Nalbandian), le circuit avait pris l’habitude d’en voir au moins un en clôture. Ces quatre joueurs ont ainsi trusté 36 des 45 derniers trophées de Masters 1000. A Indian Wells, il faut remonter à 2003 pour trouver une finale sans un seul de ces joueurs…

    Alors, est-ce que les circonstances du tournoi peuvent expliquer ce bouleversement ? En partie seulement.

    Il faut rappeler que Roger Federer et Rafael Nadal faisaient à Indian Wells leur retour après six semaines d’absence. Les deux joueurs convalescents avaient souffert physiquement, l’un du genou l’autre des poumons. Le retour sur le circuit n’est jamais simple, surtout si la motivation est moins forte qu’auparavant (comme c’est apparemment le cas pour Federer). La défaite surprise de ces deux là ne sont sans doute pas des indices de fin de règne. Nadal semble avoir retrouvé son physique et son coup droit, il lui reste simplement à retrouver un peu de confiance. Quant à Federer, on sait qu'il est capable du meilleur à n'importe quel moment et que son jeu de jambe défaillant ne devrait pas tarder à revenir.

    Mais si les deux joueurs ont des circonstances atténuantes, Novak Djokovic et Andy Murray ne peuvent pas vraiment s’en prévaloir. Leurs revers respectifs ne sont pas le fait d’un manque de préparation ou de motivation. C’est uniquement la faiblesse de leur niveau de jeu à un moment donné qui est en cause.

    Novak Djokovic, on le sent depuis quelques semaines, n’arrive plus à conserver la régularité au service et dans le jeu de fond de court. Un problème sans doute passager, un coup de moins bien comme on dit, qui devrait se résorber avec de l’entraînement et du travail.

    Pour Murray, le problème est peut-être plus profond. Le jeu du britannique semble perdre de sa finesse et de sa variété. Sa défense prend les traits du stéréotype et ne surprend plus vraiment des adversaires avertis et agressifs. Soderling n’a pas eu de mal à créer la brêche. D’autres pourraient suivre le chemin…

    Ainsi, entre un Federer concentré sur les Grands Chelems, un Rafael Nadal en reconstruction, un Novak Djokovic irrégulier et un Andy Murray arc-bouté sur un jeu monolithique, le Top 4 mondial n’a plus l’éclat qu’il a pu avoir les années précédentes.

    Sans conteste, c’est le moment pour la relève de remonter les manches et de frapper quelques grands coups. On pense à Robin Soderling, à Jo-Wilfried Tsonga, à Marin Cilic, à Del Potro évidemment, mais aussi à des joueurs comme Ernests Gulbis. Comme l’affirmait Novak Djokovic en début d’année, le tennis masculin entre peut-être dans une nouvelle ère. Cela dépendra de la réaction des jeunes loups et de la force de caractère du « Big Four ».

    Quoiqu’il en soit, le champ des possibles s’élargit. Pourtant, il ne faut pas oublier que ceux qui ont aujourd'hui saisi leur chance n'ont rien de débutants. Entre le trentenaire Croate sur le retour et un Andy Roddick toujours aussi régulier au sommet, il n'y a pas vraiment de relève en jeu. L'élite du tennis n'est pas remis en cause directement et je ne serais d'ailleurs pas surpris à Miami de voir les quatre joueurs rappeler à toute cette troupe de poursuivants qu’ils seront difficiles à déloger.

    Pour tous les challengers, Indian Wells n’est qu’un espoir, pas un aboutissement…




Parlez en à un ami »

Commentaires

Bravo pour cette analyse originale de ce tournoi dont l'issue l'est tout autant. Honneur aux vétérans (31 ans pour Ljubicic) et aux vieux briscards US (A-Rod).

Drix2000 , 21/03/10 21:42


Un tournoi complétement fou effectivement mais je pense aussi que les cadors seront vite de retour !

Cambournac , 22/03/10 18:46



Ecrire un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire. Si vous n'avez pas de compte, cliquez ici pour vous inscrire. Cela ne prend qu'une minute et vous serez redirigé directement sur cette page.
Nom d'utilisateur:

Mot de passe: