17/01/10 23:05 | David Brunat
Retour sur une page d'histoire et de tennis d'un pays qui, naguère, brilla sur la planète jaune grâce à Ronald Agenor
Dans cette nation qui fut jadis la première république noire indépendante du monde, l’état du tennis n’était évidemment pas brillant avant la catastrophe. Il existe une évidente corrélation entre le degré de développement économique d’un pays, son niveau d’équipements publics, ses structures de formation et les résultats de ses sportifs.
De ce point de vue, Haïti cumulait les handicaps et faisait figure de lanterne rouge. Même si certains juniors originaires de l’île évoluent à un haut niveau sur le circuit universitaire américain, un seul joueur de nationalité haïtienne, Olivier Claude Sajous, est classé à l’ATP. Et il est 1 378e ! Aucune joueuse haïtienne n’est classée à la WTA.
Cela dit assez le dénuement tennistique dans lequel se trouvait le pays avant la catastrophe.
Pourtant, il est un joueur qui, naguère, porta très haut les couleurs du tennis haïtien : Ronald Agenor, ancien 22e joueur mondial et président d’honneur de la Fondation « Tennis Haïti ».
Fils d’un ministre de l'agriculture d'Haïti, Agenor découvrit le tennis au Congo avant de se perfectionner en France, de remporter chez les juniors la médaille d'or des Jeux d’Amérique Centrale et des Caraïbes, puis de connaître son heure de gloire sur le grand circuit à la fin des années 80. C’est ainsi qu’en 1987, Agenor atteignit la finale du tournoi de Bâle face à Yannick Noah, première finale de l'histoire opposant deux joueurs noirs. En 1989, quart de finaliste à Roland Garros et 22e mondial, il fut nommé consul honoraire d'Haïti à Bordeaux. « La sensation haïtienne » figurait encore dans le top 100 à l’âge de 35 ans, une performance que seul Jimmy Connors avait réalisée avant lui. Il n’a jamais perdu un match contre Andre Agassi et a connu une ultime heure de gloire sur les courts en battant Gustavo Kuerten, alors numéro 1 mondial, en 2001.
Agenor était à la Guadeloupe et s’adonnait à la passion de sa vie lorsque le tremblement de terre a éclaté.
« Je donnais une leçon sur un court quand on est venu m’en avertir. Ce fut un grand moment de panique mais j’ai su rapidement que mon frère était sain et sauf. En revanche, des cousins et des cousines n’ont pas survécu. J’ai une photo de moi devant le palais présidentiel. Quand j’ai vu à la télévision ce qu’il en restait, j’ai su que c’était un désastre. Je vais aller en Haïti dès que je le pourrai pour leur apporter mon aide, aussi minime soit-elle », a-t-il confié vendredi au journal France-Soir.
Ajoutant : « Il faut se mobiliser. Je vais tenter d’organiser des exhibitions de tennis dans le monde entier afin de recueillir des fonds ».
Reçu 5 sur 5 par les plus grands joueurs du monde, à commencer par Roger Federer, à l’initiative de la première exhibition organisée au profit des sinistrés du séisme.
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