29/11/09 20:51 | David Brunat
Nikolay Davydenko est sous contrat avec Airness, dont il arbore les tenues sur les courts depuis 2007. Avec sa victoire au Masters, la marque française, encore peu en vogue chez les amateurs de balle jaune, signe un coup de maître !
Airness, marque iconique des banlieues, fondée il y a dix ans à Saint-Denis par Malamine Koné, s’est fait connaître du grand public en devenant fournisseur de nombreux clubs et équipes nationales de football. Avant de se frotter à d’autres disciplines sportives, dont le tennis.
Airness est ainsi devenu en 2007 le sponsor de Nikolai Davydenko et de Nadia Petrova, alors dans le top 10. Comment Davy en est-il venu à signer avec Airness ?
Peu glamour, réputé pour son humour froid et pince-sans-rire et un franc-parler désarçonnant, il était naguère parti en guerre contre un grand équipementier, confiant à des journalistes médusés pendant le tournoi de Bercy en 2006 : « J'emmerde Nike, vous pouvez l'écrire ». Ils l’avaient écrit.
J’aime cette fière réplique, bravache et « cambronnesque » à souhait, du rugueux Russe. La marque à la virgule ne percevait pas la valeur marketing du joueur de Volgograd (cité assurément moins people que St-Tropez ou Boca Raton). Aussi lui avait-elle toujours tourné le dos. Il avait fini par voir rouge.
Davydenko, c’est son charme, dit ce qu’il pense. Et pourtant sa femme Irina est … psychologue.
Quoi qu’il en soit, cette prise de position empreinte de franchise et de fraîcheur, tranche avec tant de déclarations lénifiantes et proprettes de maints joueurs toujours soucieux de préserver leurs intérêts et de ménager les grands opérateurs de l’économie du tennis. Le Russe manque de diplomatie. Mais pas de cran. Ni d’air(ness).
A l’Open d’Australie, il y a deux ou trois ans, Nikolay avait encore explosé : « Vous avez des gars, Nadal, Federer, qui bénéficient du soutien des grosses marques. Voilà pourquoi ils jouent sur les courts principaux. Moi, j'ai besoin aussi d'une bonne entreprise pour me faire de la promotion et me faire jouer sur le central. Je n'ai personne, donc je joue sur le court numéro 2 ».
Quelques semaines plus tard, la marque française, flairant le bon coup, avait sauté sur l'occasion. Et signé avec Davydenko pour trois ans.
Le joueur avait salué l’événement avec son humour bien à lui : « Je suis très content. Parce que je vais avoir des vêtements gratuits pendant trois ans ». Avant d’ajouter : « Cette société de vêtements fait de beaux vêtements. En tout cas, mon équipement est plus joli que celui de Nike pour Federer ».
Persifleur et rodomont, mais peut-être pas très lucide quand même …
Ses dirigeants doivent aujourd’hui se frotter les mains ! Et faire la nique à Lacoste, un des sponsors officiels du Masters, mais dont le "portemanteau" vedette, Andy Roddick, a dû déclarer forfait avant le début du tournoi …
Airness contre Lacoste, un match tricolore avec des relents de lutte des classes ? En tout cas, un duel entre un vieille marque nobiliaire qui se confond avec l’histoire du tennis et un nouvel opérateur de la planète jaune venant jouer les trouble-fête dans le festin très cosy et très peu « Neuf-Trois » du Tournoi des Maîtres …
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