28/11/09 12:30 | David Brunat
Les huit maîtres ont tous perdu au minimum un match de poule. Le vainqueur du tournoi lèvera donc le trophée après avoir été battu plus tôt dans la semaine. Il l'aura juste été un peu (ou beaucoup) moins que les autres !
C'est un cas d'espèce sur le circuit : remporter un tournoi sans avoir remporté tous ses matchs. Telle est la faculté offerte par les rencontres de poule, au contraire des compétitions à élimination directe, et qui n'a d'équivalent qu'en Coupe Davis (laquelle n'est pas un tournoi ATP).
Cette année, les huit super cracks engagés au Masters ont tous craqué à un moment ou à un autre. A tout seigneur tout "honneur" : les deux Espagnols présents, Rafael Nadal (ombre de lui-même) et Fernando Verdasco (vaillant mais au final impuissant) n'ont même fait que cela. Ils ont perdu leurs trois rencontres, et le numéro 2 mondial n'a pas gagné un seul set ! Préoccupant à quelques jours de la finale de la Coupe Davis ...
Quant aux autres, ils ont également fait "l'épreuve du négatif", comme aurait dit Hegel (inventeur de la dialectique du Master et du vaincu ?). Les grands champions doivent savoir perdre, car la faute, la finitude, le coup de mou et le "jour sans" sont inhérents à la pratique de toute discipline sportive et spécialement du tennis, un sport si mentalement "lourd".
Ainsi, Federer a été battu par Del Potro, qui a été défait par Murray, lequel s'est incliné - piteusement - devant le Suisse.
Dans l'autre groupe, Soderling, bourreau de Nadal et de Djokovic - lequel a exécuté Nadal et sorti Davydenko - , a finalement subi la loi du Russe.
Parallélisme des formes, symétrie arithmétique des résultats, égalisation des conditions, etc. : cette situation rappelle que nul n'est infaillible au tennis et que les plus grands sont ceux qui savent gérer leurs défaites comme ils ont appris à gagner. Elle illustre le fait qu'aujourd'hui l'élite se tient dans la mouchoir de poche.
A quoi s'ajoutent les règles du Masters et la complexité des calculs du "jeu-average" dont ont fait les frais l'infortuné Novak Djokovic (qui méritait amplement de poursuivre) ou le national de l'étape Andy Murray (dont je ne dirai pas la même chose). Le dernier carré de rescapés n'a pas volé sa qualification, à commencer par le huitième homme, l'outsider scandinave Robin Soderling qui a manqué de peu la passe de trois.
Restent donc quatre prétendants pour un fauteuil. Au jeu toujours incertain des pronostics, je joue Roger Federer. Le plus capé, le plus grand, celui à qui la chance sourit le plus souvent, et enfin celui que le public préfère, et ce depuis si longtemps ... Et croyez bien que cette faveur constance et éclatante de "l'opinion publique mondiale", le roi Rodgeur ne la doit pour le coup en rien au hasard.
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