13/11/09 16:28 | David Brunat
Le Bressan vient de se séparer de son coach Thierry Champion. Pour le remercier de l’avoir conduit jusqu’à l’exploit de sa vie, sa victoire avant-hier sur Roger Federer ? Pas vraiment.
Julien Benneteau, éliminé hier par Gaël Monfils en huitièmes de finale après avoir sorti avec l’art et la manière le numéro 1 mondial, est revenu à l’antenne de Radio Monte-Carlo sur la fin de sa collaboration avec Thierry Champion, qui l'entraînait depuis un an.
Cette séparation sonne curieusement, au lendemain de l’exploit réalisé par Julien. Lequel a eu des mots étonnants, peu courants dans la phraséologie sportive :
"Je savais que c’était notre dernier tournoi avec Thierry. Je l’avais au fond de ma tête, au fond de mon cœur. Je voulais la victoire pour lui. Pour nous ".
On dirait une déclaration d’amour. C’est assurément un honnête et vibrant témoignage de soutien et de solidarité envers celui dont il a dû se séparer « à l’insu de son plein gré ».
Car Champion a tout simplement été licencié par Lagardère. Les raisons ? Je les ignore. En tout cas, pas les résultats de son élève, qu’il a porté à son meilleur niveau, fait entrer dans le top 50 et aidé à obtenir des victoires sur les plus grands et en particulier sur le plus grand d’entre tous.
"Je ne sais pas ce qu’il paie vis-à-vis d’Arnaud Lagardère. Je sais que ses qualités d’entraîneur ne sont pas remises en cause. Arnaud Lagardère me l’a dit. Il est patron d’une entreprise et c’est lui qui décide avec qui il veut travailler". Dont acte.
Benneteau n’a toutefois pas fait mystère de sa décision de rester dans une structure qui lui apporte tout ce dont un joueur a besoin, plate-forme médicale et physique comprise - sans oublier l'aspect financier.
Quant à imaginer de poursuivre leur collaboration hors du cadre du Team Lagardère, c’était tout simplement inenvisageable :
« Depuis Shanghaï, a expliqué Benneteau, on a cherché, essayé de multiplier les contacts, de travailler dans l'ombre pour trouver la solution pour continuer ensemble. Ce n'est malheureusement pas possible ».
Cette affaire est riche d’enseignements, notamment ur la position fragile et révocable des entraîneurs, quels que soient leurs résultats sur le terrain ; sur les coûts de structure et de coaching des membres de l’élite de l’ATP ; sur le peu de prise qu’ont ces derniers lorsqu’ils évoluent dans le giron d’une fédération ou d’une structure privée.
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