06/11/09 11:38 | David Brunat
Le Belge, ancien joueur du top 20 et artiste de la raquette, vient d’être condamné à un an de suspension par le tribunal anti-dopage flamand pour « défaut de localisation ». Juste sanction ou mauvaise blague belge ?
Sa compatriote Yanina Wickmayer, 18e joueuse mondiale et demi-finaliste du dernier US Open, a écopé de la même sanction. Pour les mêmes raisons et devant le même tribunal.
L’ancien demi-finaliste de Wimbledon, récent vainqueur du Challenger d’Orléans, et le grand espoir belge de la WTA viennent donc de faire les frais du règlement anti-dopage en vigueur.
Les joueurs sont tenus de préciser dans des formulaires leur localisation pour chaque jour et à certains horaires définis, via un système informatique sécurisé consulté par les acteurs de la lutte anti-dopage. Obligation très contraignante, difficile à respecter en raison des aléas de la vie de compétiteur, et qu’on peut considérer comme étant quelque peu attentatoire à la liberté d’aller et de venir.
Mais le règlement est le règlement. La joueuse belge aurait mal rempli ses formulaires à trois reprises ces derniers mois. Malisse aurait omis de le faire à deux reprises et se serait soustrait à un contrôle anti-dopage, selon les informations dont on dispose après les qualifications de Roland-Garros (qu’il n’a pas jouées, se jugeant insuffisamment en forme).
Pourquoi ces manquements ? Simple négligence ou volonté de dissimuler des choses ? En tout cas le prix à acquitter est lourd : un an de suspension, alors que le procureur du tribunal avait seulement réclamé des « réprimandes ».
L’appel de cette décision est toujours possible, en l’occurrence devant le Tribunal Arbitral du Sport, mais il n’est pas suspensif et la condamnation prend donc effet quelles que soient les suites de la procédure.
J’aime beaucoup Xavier Malisse, que j’ai vu jouer à plusieurs reprises et dont le grand talent, qui lui revient par moments en « bouquet », a hélas été entaché au cours de sa carrière en dents de scie par un tempérament instable et rebelle … Son esprit très indépendant, mélange de désinvolture et d’inspiration poétique, pourrait expliquer qu’il se soit fort mal accommodé des rigueurs du règlement, loin de toute manœuvre obscure pour ne pas se faire « pincer ».
D’ailleurs, il n’a pas été convaincu de dopage. Il paie juste un manquement au règlement, une légèreté coupable.
Et puis, même si la procédure judiciaire est ancienne, la décision intervient dans un contexte « miné » lié aux déclarations d'Agassi qui, lui, a reconnu s’être drogué et avoir menti à l’ATP...
Difficile, dans ces conditions, de se défendre de l’idée que la juridiction flamande a voulu faire un exemple. Si l’autorité de la chose jugée ne se dispute pas, néanmoins on peut s’interroger sur l’impartialité et la neutralité de la justice dans ce cas d’espèce.
C’est un nouveau coup dur, en tout cas, pour le Belge. Après sa victoire à Orléans, il avait évoqué au micro, les larmes aux yeux, les difficultés qu’il avait dû traverser ces dernières années. Et qu’il croyait derrière lui dorénavant … Raté. Je crois qu’il ne mérite pas cette nouvelle épreuve et j’espère qu’il la surmontera. Avec force, patience et … malice.
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