27/07/09 11:21 | Laurent Verrando
Le Russe Marat Safin traine de plus en plus des pieds, c'est sa dernière saison de tennis et sa motivation est en chute libre, il n’a plus envie de jouer et toutes ses déclarations vont dans ce sens.
Pourtant le jeune homme de 29 ans pourrait retrouver l’étincelle avant de rencontrer en match exhibition le grand Pete Sampras, la semaine prochaine à LA.
Deux fois vainqueurs de Grand Chelem, Safin se souvient de sa victoire à l’ US Open 2000 où il avait battu le roi régnant du tennis de l’époque, l’Américain Pete Sampras. Ce match avait été de toute beauté.
Une décennie après cette flamboyante victoire, Safin n’est que l’ombre de lui-même. Cette saison ne lui a laissé que peu d’occasion de briller, ou pire de s’amuser. Il a en effet perdu huit fois au premier tour. Le plus triste est qu’il a perdu des matchs qu’il dominait largement, avant de se laisser remonter comme aux pires heures de son inconstance légendaire.
Bien qu'il ne semble pas savoir exactement ce qu’il fera après le tennis, Safin sait qu'il ne veut pas continuer dans ce milieu.
"Tout au long de l'année, vous avez à vivre avec le tennis 24/24, 7/ 7», c’est il plaint. "Il n'y a pas moyen de s’évader un seul jour, pour se détendre et réfléchir. Tôt ou tard, vous allez penser au tennis."
Les méthodes de préparation et d’entrainement des jeunes champions ont beaucoup évoluées ces 20 dernières années. En sport-études dans les années 80, la musculation, la nutrition, les méthodes de préparation mentale en étaient à leurs balbutiements, bien que des champions précurseurs avaient déjà exploré certains de ces domaines. Ivan Lendl faisait de la sophrologie par exemple, chose rare à l’époque.
On pense à tort que qu’il ne reste plus de domaine à explorer. Faux, il est par exemple encore rare que l’on pense à former des individus autonomes en dehors du cadre tennistique, comme si cela devait faire partie des pré-requis pour devenir un champion. Leur donner les moyens de s’évader ou de sortir de leur quotidien tennistique est primordial pour pérenniser la carrière des jeunes prodiges du tennis.
Contrairement aux footballeurs à qui on « colle » très tôt des familles, femmes et enfant devant assurer un semblant de stabilité, les tennismans ont une vie bien trop compliquée pour que cela soit une formule efficace.
Mais des solutions existent. Leur permettre de pratiquer un autre sport par exemple est un moyen efficace. Guy Forget avait découvert le surf en Australie et la pratique régulière de cette activité lui avait permis de complètement se sortir le tennis de la tête… le temps d’une vague.
D’autres solutions existent, même si elles sont difficiles à mettre en place.
Pourquoi est-ce primordial ? Même si les professionnels sont avant tout des passionnés de leurs sports, à un haut niveau, il faut aussi accepter de ne plus joueur seulement pour le plaisir. C’est un métier. Pouvez vous imaginer vivre avec votre métier si plaisant soit-il, 24/24 toute l’année sans répits ? Moi pas…
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