29/05/09 21:26 | Laurent Verrando
Gilles disait avant le match qu’il ne sous-estimait pas le Roumain. Il avait raison.
Le Roumain n’est peut-être pas le joueur le plus médiatique du circuit, mais il est un adversaire redoutable. On ne devient pas 33ème mondial pour rien. Bien sûr, Gilles n’a pas joué son meilleur tennis. Trop de fautes, manque de réalisme aux moments importants, il a été moins solide que le Roumain qui mérite sa victoire. Gilles s’est battu mais on sentait qu’il était à cours de jus. Enrhumé en début de match, il se blessera au genou avant la fin, quelle tuile !
Gilles a subi de nombreuses critiques du public, de certains journalistes, mais aussi, et c’est plus dérangeant, de joueurs français. Cela a-t-il un peu miné son moral ? Il faudrait lui poser la question, beaucoup pense que non, il ne serait pas le genre à se soucier de l’opinion des autres. Pourtant, si j’arrivais dans le top 10 mondial et que l’on me disait, sans subtilité, que je ne le méritais pas, je serais certainement blessé.
Que lui reproche-t-on ? De ne pas être flamboyant, de ne pas balancer des caramels qui électrisent le public, d’être un peu arrogant ? Aucun de ces arguments n’est défendable. Gilles est un grand champion qui joue avec ses points forts ; qui ne le fait pas ? Reprochait-on à Borg ou Wilander de ne pas frapper aussi fort que leurs adversaires de l’époque ? Quant à son arrogance supposée, elle n’est que l’expression de la confiance en soi que la plupart des champions recherchent. Un joueur qui ne croit pas en lui ne peut pas durablement percer dans son sport. Gilles croit en lui, où est le problème ?
Ce qui est certain, c’est que l’on attend beaucoup du Français et l’on oublie parfois qu’être numéro 7 mondial n’immunise pas contre la défaite. Un joueur qui peut battre Federer, Nadal et Djokovic mérite notre respect et notre soutien ; il a le notre.
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